une vie normale ou presque...

entre les amis, les amours, le boulot et la vie, où suis-je?

10 novembre 2009

Il devrait y avoir....

... pour les vieux livres comme pour les vieux films un endroit propice pour les savourer. Un fauteuil en cuir devant un feu de cheminée, un labrador couché devant, sur le tapis et une bouteille de vieux Bordeaux.
Je repense souvent aux premiers livres que je lisais dans la bibliothèque de mes grands-parents. Je choisissais en fonction de la couverture, du titre et parfois même de l'odeur dudit livre.
C'est ainsi que j'ai découvert et appris à aimer mes premiers polars, quelques Maigret que mon grand-père tenait à disposition de ses petits-enfants, mes cousins plus grands. Le personnage taciturne du commissaire et ses drôles d'habitudes me plaisaient. C'est sans doute idiot mais pendant des années j'ai voulu trouvé la "brasserie Dauphine" pour y prendre un demi et un sandwich. Ou un verre de Fine à huit heures du matin dans un bar sordide, en plein hiver, quelque part dans la campagne belge. Je connais la Belgique, mais point de tristes endroits. Même à la froide saison, je pense à ce pays comme à un endroit magique. Il m'est arrivé de me réveiller devant des paysage aussi comparables à ceux de ma Bourgogne tant aimée.
Je revois la cheminée dans le salon, fumante malgré le froid dehors, devant laquelle nous nous serrions en savourant notre tasse de thé de Chine fumé. Les tasses en porcelaine, les gâteaux de ma grand-mère et des disques de musique classique qui nous changeaient un peu des "tubes" du Top 50!
Est-ce soudain la nostalgie qui m'assaille? Pour rien? Uniquement parce que nous sommes en novembre? C'est possible, sûr même!
Maintenant, je m'imagine dans une vieille maison bourguignonne, remplie d'amis, de joie de vivre, de danse le soir et de délicieux dîners... Un endroit à soi... N'est-ce pas la seule vraie richesse? "un jardin et une bibliothèque"...   

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26 novembre 2008

Où je réalise que....

-je ne serais jamais Sagan et c'est tant pis pour vous!

-OVNI n'est plus un bébé chat mais une vraie petite femelle (miaou, miaou, miaou avec une voix de fausset!)

-je ne serais pas Mozart non plus, mais pour vos oreilles je pense que c'est mieux!

-ma soeur a un bébé qui grandit dans son énorme ventre et ne va pas tarder à accoucher

-la phrase précédente laisserait donc à penser que je vais être tante! wahou! il faut que je me fasse à l'idée!

-ma filleule veut une guitare pour Noël, mais un yukulele c'est plus sympa, moins cher et plus petit, non?

-malgré tous mes efforts, je n'aurais jamais le téléphone de Clooney!

-par contre, je suis très ouverte à l'idée de rencontrer des gens qui ont son numéro!

-je ne sais pas où ils habitent ces gens là!

-je ne serais jamais Chateaubriand! et à part Jean d'O, personne ne s'en plaindra!

-pour une fois, le Beaujolais nouveau a un goût de vin!

-j'en ai trop bu!

-mon Amoureux est le plus merveilleux des hommes

-je n'en suis jamais rassasiée

-je me sens un peu seule quand même

-je suis accro aux dessins animés

-shootée à la télévision!

-fanatique de "Friends"'

-la Cinq me manque.... et à vous aussi, j'en suis sûre!

-PPDA n'est plus à l'antenne, vous saviez ça?

-je vieillis

-ou alors c'est le Beaujolais!

-les deux n'étant pas incompatibles!

-c'est la crise! plus de sous! nulle part! en tout cas pas à ma banque!

-je gère très mal mon argent

-je déteste ranger

-par contre, pour mettre le bazar, y a pas mieux que moi!

-j'aime les temps grises chez les hommes

-et les yeux verts

-je hais les chrysanthèmes sur la tombe de mon père

-je hais les fleurs

-j'aime le sourire de mon Amoureux

-j'adore les Ferraris (pas Laurence, les voitures!)

-quand je serai grande, j'aurais une Porsche!

-et un chauffeur parce que je ne veux pas passer mon permis!

-Une Bentley, c'est sympa aussi, non?

en fait je réalise juste que le temps passe vite, trop vite! impossible à rattraper, dire "je vous aime" prends peu de temps... Et vous mon Adoré, qu'en pensez-vous? Je relis Sagan avec bonheur et délice, il faut s'abreuver à cette source, ivre de vie, d'amusements, de fêtes et de détresse! Il faut se saoûler de ses mots comme d'un vin nouveau......

Cette nuit, je viens peut-être de comprendre que j'aimais encore la vie!

Posté par charlie1975 à 17:48 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 novembre 2008

Où il m'arrive de rêver et je me dis que c'est grave parfois!

Je ne suis pas du matin, c'est un fait établi (voir post-précédent!) mais je m'aperçois que je ne suis pas de la matinée en fait et très franchement au rythme où ça va, je ne suis pas très sûre d'être de l'après-midi non plus! Reste la soirée... A bien y réfléchir c'est sans doute à ce moment là que je me sens le mieux, la nuit est propice aux douces mélancolies, aux tristesses qui prennent au coeur et aux tripes, aux souvenirs qui reviennent en tête....... Tiens devant cette statue, j'ai embrassé Machin, il y a dix ans et le jardin du Palais-Royal... c'est là que Truc m'a quittée. La rue de Rochechouart a vu les larmes de mon premier chagrin d'amour, le bistrot à côté, ma première cuite pour un homme! Le pont des Arts a tellement de moments immiscés entre ses planches, j'y ai rencontré Jean d'Ormesson un jour, ses yeux bleus perdus vers l'Ile de la Cité, tournant le dos à l'Institut. Ce doit être dur de se sentir Immortel.
J'aime la nuit, plus les fêtes et les soirées (j'ai un peu passé l'âge et la musique trop forte m'énerve assez rapidement!), mais au contraire les endroits tranquilles, calmes, cosy où l'on peut deviser avec son Amoureux, la main négligemment posée sur son épaule. Très difficile à réaliser la main "négligeante"! Elle peut reposer sur l'avant-bras, continuera à faire des gestes mais reviendra à son point d'attache. Elle peut aussi, impulsive qu'elle est, serrer la main de l'Aimé. Quel sentiment de jouissance extrême quand il répond par une caresse dans la paume, pleine de promesses cette étreinte! La main a alors l'autorisation (certes tacite mais bon!) de se poser sur l'épaule de l'Homme! Attention! Toujours négligemment, on ne s'accroche pas à son cou comme une naufragée du Titanic à sa bouée (fallait monter dans les canots de sauvetage avec les autres femmes!). L'épaule doit rester bien droite et la main se contentera d'un va et vient à peine perceptible, juste une présence, un "je suis là" rassurant! Attention, l'Homme peut trouver ça aussi très exaspérant et se dégager d'un violent mouvement d'épaule! Autant le dire, c'est un grand moment de solitude et finalement on regrette la robe noire et les bottes, le maquillage pour lui plaire, la goutte de parfum entre les seins (conseil de maman! si, si, je vous jure!)... Mais je préfère garder l'idée de la soirée réussie, d'ailleurs mon Aimé, depuis combien de temps n'avons-nous pas dîné tous les deux?

Posté par charlie1975 à 13:20 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Où je confirme que je ne suis pas du matin!

Pourquoi ne passerait-on pas directement de la nuit au début d'après-midi en zappant la case matin? Prenons un exemple au hasard; moi! Pour que je daigne ouvrir les yeux, il faut bien une dizaine de réveils, deux radios, quatre chaînes infos, tout ça dans un joyeux cafouillis où toutes les sources sonores s'enmêlent! Je conseille vivement l'écoute de France Inter sur fond de BFM et de la matinale de Canal+ avec un un réveil qui joue "les 4 saisons"! L'explication du fiasco du Congrès du PS par Olivier Mazerolles sur "le printemps" de Vivaldi, tandis que que Joël Collado annonce qu'il fait beau au sud d'une ligne de Saint-Briac à Monaco, ce n'est marrant qu'une fois! Mais très franchement, en hiver, ce qui me manque le plus en me réveillant c'est le jour! Se lever alors qu'il fait encore nuit! N'est-ce pas de l'incitation flagrante à rester au fond de son lit à compter les rochers de la plage de Saint Malo pour se rendormir! Aujourd'hui, il va faire 10° mais beau (merci Joël!)au nord d'une ligne de Mandes à Epernay (progrès considérables en géographie depuis ce monsieur!), le soleil va se lever à 8h02 alors que moi je serai déjà debout depuis une heure!
Je vais prendre mon bus pour aller travailler (seul moyen que j'ai trouvé pour éviter le "métro-boulot-dodo"!!!)..... Il est 8h04! Tiens déjà deux minutes qu'il est levé l'autre.....

Posté par charlie1975 à 08:04 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Où je retrouve le goût de vivre!

La journée a été magique! et encore c'est peu de le dire! Assez mal commencée (que celui qui n'a jamais mis des gouttes dans les yeux d'un chaton de 8 mois me jette le premier flacon!), un ami m'a proposé d'aller voir l'expo Mantegna au Louvre! Un bonheur absolu et total s'est immiscé en moi, d'abord parce que je n'avais pas vu cet ami depuis longtemps, ensuite parce que l'expo était absolument magique et enfin parce que Paris est définitivement la plus belle ville qui soit! J'ai marché dans les rues un peu vides (selon le quartier!) ou au contraire grouillantes de monde! Le MP3 sur les oreilles, sous la petite pluie fine, tout m'est apparu beau, grand, vaste, plein de vie, plein de bonheur à attraper au vol et pour consommation immédiate! Asseyez-vous dans un square du côté de Saint Germain des Prés, et laissez vous bercer par l'ambiance..... Les voitures, les cris des enfants, leurs rires... Continuez à marcher jusqu'à Montparnasse........ non, ne prenez pas la rue de Rennes! la rue Madame est bien plus sympa, puis rue d'Assas, Vavin, rue Delambre, un petit tour au cimetière du Montparnasse pour aller faire coucou à Gainsbourg! Ensuite arrivés avenue du Maine... Ha non, là vous ne pouvez pas faire grand chose, on arrive chez ma soeur et sauf si vous la connaissez, je ne vois pas pourquoi vous iriez lui dire bonjour!
Il fait nuit tôt, profitez-en pour redécouvrir Paris, les distances paraissent courtes et on parcourt des kilomètres sans s'en apercevoir! Tenez-vous au milieu du pont de la Concorde; Devant vous l'Assemblée, derrière l'Obélisque et sur le côté droit la Tour Eiffel toute en bleu, avec ses douze étoiles européennes. Il y a longtemps que je n'avais pas ressenti une telle plénitude! On m'a même dit que j'étais jolie au détour de la rue de Bourgogne et de la place du Palais Bourbon! C'est bon de se sentir seule au monde même au milieu de la foule! Etre en phase avec la Terre et l'Univers, heureux tout simplement!
Très franchement, essayez, juste pour voir, ça vaut le coup... Il ne manquait qu'une épaule où poser la tête...

Posté par charlie1975 à 00:23 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 novembre 2008

glouglou à la piscine, plutôt que glouglou au bar du coin!

Je me tiens à mes grandes résolutions: je suis une vraie fille maintenant! je vais même à la piscine! Définition de ce lieu bizarre: de l'eau (beaucoup trop à mon goût!), plein de gamins entre 5 et 10 ans qui nagent mieux que moi (la honte!) et leurs parents très zen qui s'extasient sur un coup de palme d'un des petits dans mon sein droit ("tu as vu comme il nage bien notre petit chéri?".......grrrrrrrrr!)! Après moultes tentatives pour couler le petit chéri en question (il parait que c'est interdit par la loi, mais que fait Sarkozy???), je décide de m'occuper de moi, de mon corps et de ces XX kilos à perdre tout en gardant un corps harmonieux (lu dans Biba, je vous jure que c'est vrai! un corps harmonieux!!). Il semblerait que l'harmonie commence par des jambes fuselées; bref, pour plaire à votre Amoureux, il vaut mieux avoir la silhouette d'un Concorde que celle d'un Jumbo Jet! Pas besoin de Biba pour ça, on s'en serait vaguement douté! Recette des jambes fuselées: faîtes la planche (du sport en glandouillant, le rêve!) et de légers battements de pieds. Sournoisement, Biba vous suggère d'accompagner les mouvements de pieds par un envoi des bras vers l'arrière... appelé aussi dos crawlé, ce "sport" (si, si c'en est un!) est épuisant très rapidement! Après le quart du tiers de la longueur (soit deux mètres, j'ai fait le calcul! le bassin fait 25m!), je souflle, ressouffle, suis à la limite de l'apoplexie et me demande pourquoi je n'ai pas lu Cosmo qui proposait un week-end du côté de Saint Malo dans un petit hôtel de charme! Mon meilleur ami qui m'accompagne me propose de tenter la brasse coulée pour étendre ma colonne vertébrale! La brasse, je maîtrise, c'est même la seule nage que je connaisse, à part la nage indienne, grande spécialité de la famille mais dont je n'ai jamais compris l'intérêt (sauf Pierre Mondy dans la 7ème compagnie, "il nage bien le chef!"!!). Par contre, la brasse coulée rien que le nom ne me plaît pas! "C'est facile, me dit mon gentil Olivier, tu mets la tête sous l'eau (hein?), tu ressors et tu souffles".......... Première tentative, je bois la moitié de la piscine, je ne souffle rien, je crache! Mon petit nez adorable devient tout rouge, ma gorge a avalé un tellement de chlore que suis aphone et je voue subitement une haine sans nom à mon meilleur ami! Après cinq minutes de pause, je repars à l'attaque du bassin! je remets ma tête sous l'eau  et ô miracle! je me sens beaucoup mieux, je souffle sous l'eau, le mouvement des jambes s'accorde avec celui des bras! Ca y est! Je suis Muriel Hermine! Une naïade, merveilleuse, je me tourne et me retourne dans l'eau sans aucun problèmes! Laure Manaudou peut aller se rhabiller (aux vues de ses derniers exploits aux JO de Pékin, c'est sans doute ce qu'elle va faire!), je nage, je nage........ Mais tout d'un coup, plus d'air! et je suis à 50 cm de profondeur! Au secours, grosse panique! Que faire? Je vais mourir, c'est un cauchemar! Je ne respire plus! Au dessus de moi une lumière m'attire, "viens vers moi"...... Mon nez retrouve l'air et je réalise à quel point je suis ridicule! La seule lumière que j'ai vu est celle du plafonnier de la piscine et à mes côtés un Olivier hilare, se tordant de rire devant sa Charlie à moitié noyée!
Je sors de l'eau furieuse! Une bonne douche et je retrouve mon pantalon et mon gros pull! Mon ostéo m'a dit qu'il fallait nager, mon kiné et mon généraliste aussi! J'ai confiance dans les hommes qui prennent soin de ma santé mais très franchement mon Amour, je suis obligée de retourner à la pisine? Je n'aime pas l'eau (ou alors en été dans du Ricard!), je ne suis pas bien en maillot de bain et finalement ai-je vraiment besoin d'un corps fuselé pour te plaire?

Posté par charlie1975 à 22:41 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 novembre 2008

toujours quelques souvenirs..........

 

J'ai 26 ans. Je passe mon dernier week-end dans la maison que mon père avait acheté il y a vingt ans de cela. Il fait doux pour un mois de mars. Les forsythias sont en fleurs et illuminent le parc de leur jaune éclatant. Maman nous a confié à ma soeur et moi son caméscope pour que nous immortalisions cet endroit qui nous a vu grandir. Le sapin de Noël, planté par Papa l'année de l'arrivée de ma soeur a bien grandi. Il nous dépasse et nous regarde du haut de ses six mètres. A ses pieds, quelques aiguilles... Sa manière à lui de pleurer sans doute, de nous dire adieu. Je joue les braves devant ma soeur, ne pas lui montrer mes larmes. Comme il fait beau, j'ai mis mes lunettes de soleil. « Tu crois qu'ils vont divorcer? » me demande-t-elle soudain. Il y a des chances oui, la fin de la maison signifie la fin de notre vie de famille. Du moins comme nous l'avons connu pendant longtemps. Ce sera chacun chez soi à partir de maintenant. « Il va falloir s'organiser pour les fêtes de fin d'année, ça risque d'être compliqué ». Oui, plus compliqué en tout cas que les 26 dernières années.

Dans le verger, je monte une dernière fois dans le vieux pommier. Il n'est pas très grand, on n'est pas  assis très haut mais quand on a dix ans, on se sent le roi du monde, comme le baron perché de Calvino. Et en sécurité aussi. C'est fou ce qu'un arbre peut-être rassurant. Ses racines profondément enfouies dans la terre qui le nourrit depuis son plus jeune âge. Pourtant, je n'ai jamais goûté de pommes plus acides que les siennes. Ce n'est pas grave, les chevaux s'en contentaient et avec beaucoup de sucre, elles faisaient une compote merveilleuse.

On passe le pont en pierre. Le bruit de la cascade me fait frissonner. Ce bruit familier va me manquer. Même moi qui déteste l'eau, j'ai toujours aimé cette rivière qui serpentait au milieu du jardin. Combien d'heures ai-je pu passer assise avec ma canne à pêche à la main! Mais de truites ou de brochets, point dans ce bras de ruisseau. Quelques gardons parfois mais surtout une quantité phénoménale de poissons-chats!

Nous continuons notre voyage en amnésie, en enfance oubliée qui revient soudain. Le portique que papa a fait construire en chêne massif! Il est scellé dans le ciment, lui, dans cinquante ans, je gage qu'il sera toujours là. Sans nous concerter, ma soeur et moi prenons place sur nos balançoires respectives. Le trapèze au milieu est un peu seul. Si l'on avait été trois enfants, pas un agrès ne se serait senti abandonné. En face de nous se dresse la maison. Sa tour du XIVème et le reste du bâtiment du XVIIème. Nous sommes partagées entre Philippe le Bel et Louis XIV! « Et si on jouait à qui saute le plus loin? » me demande ma soeur. Elle est plus grande que moi, elle gagnera forcément. Pourtant j'ai été très douée pendant des années à ce jeu là! Mais pour faire plaisir à ma petite soeur, je me laissais battre.

Les écuries, vides, les chevaux sont au pré. Les communs, mon domaine, enfin, pour encore quelques jours!

Dans le potager, Maman nous fait signe de la main. Elle plante encore, pour d'autres, pour ceux qui s'installeront bientôt chez nous. Ceux qui fermeront la porte sur notre passé, sur notre jeunesse disparue. Elle arrose la terre de ses larmes elle aussi. Pas besoin de le voir, je le sais.

La maison va partir, nous la quitterons sur la pointe des pieds, la tête basse, honteux de la laisser à des étrangers qui ne sauront rien d'elle. C'est une vieille dame, je lui fais confance. Elle saura se faire aimer. Elle a bien réussi à apprivoiser deux petites filles de six et deux ans. Elle leur fera un peu peur au début en faisant grincer ses huisseries en pleine nuit. Mais rien de bien méchant, elle n'en est pas capable.

Nous remontons le caméscope dans la chambre parentale. Demain, Maman nous ramènera au train. Nous aurons un dernier regard pour la maison tant aimée, écraserons sans doute une larme fugace mais à bien y réfléchir « c'est inutile, la tristesse durera toujours ».

Posté par charlie1975 à 01:59 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

la première pelletée de terre et autres tristesses indiscibles...

J'ai 24 ans. Il y a cinq jours j'ai reçu un coup de fil de ma mère. « Viens vite, ton grand-père est au plus mal ». Il est mort dimanche. Il neige aujourd'hui. Les gens seront moins nombreux à se déplacer. Ma grand-mère, déjà assez petite, me paraît minuscule. Petite chose perdue au milieu de sa famille qui fait au mieux pour l'entourer. Elle lui en veut de l'avoir quittée au bout de cinquante quatre ans de mariage, pour une autre en plus.... Tellement plus vieille. Et elle en a connu des hommes cette concurrente déloyale, sûre de gagner à tous coups. Des beaux, des riches, des pauvres, des célèbres, des qui aimaient les femmes, des qui leur préféraient les hommes, des jeunes, des « dans la force de l'âge » et puis il y a trois jours, elle est venue séduire mon grand-père et lui qui n'avait jamais trompé sa femme, s'est laissé emporter, dans la nuit, il s'est endormi dans ses bras infâmes.

Je rajuste le manteau sombre de ma petite soeur qui porte une rose blanche à la main. Il aimait ces fleurs plus que toutes autres. Avant que la traîtresse ne nous l'enlève, j'étais passée à l'hôpital lui en apporter. Il a ouvert les yeux, m'a souri et a prononcé mon prénom. Sa tête s'est reposée sur l'oreiller. Ma grand-mère m'a suggéré de lui dire « au revoir ». C'est bien « au revoir », ça laisse toujours l'espoir de pouvoir embrasser la personne à nouveau. Mais où était-il ce grand-père bonhomme, un peu rond, qui aimait plaisanter avec ses petits-enfants? Celui qui m'emmenait à la chasse et me faisait découvrir la nature. Celui-là qui me faisait réviser mes leçons avant mon bac et qui mêlait ses souvenirs personnels à l'Histoire de France. Celui qui m'emmenait déjeuner dans ce petit restaurant portugais en commandant un kir en apéritif sans se soucier de mes quinze ans et de mes cours de l'après-midi.,

Celui qui râlait toujours à l'heure du déjeuner parce que le couvert n'était pas bien mis, parce qu'il manquait toujours un tabouret ou des couverts; mais qui aussitôt à table redevenait l'homme le plus charmant et le plus délicieux qui soit parce qu'il était simplement heureux de retrouver sa famille réunie autour de lui, de sa femme et de la maison.

Quels étés merveilleux avons nous tous passé » là-bas! Quitter Paris pour cette campagne si perdue qu'elle est à peine cartographiée! Revoir les cousins, se bousculer, rire, l'insouciance absolue de la jeunesse. Faire les fous sur l'étang, se coucher à des heures indues après avoir déniché dans la bibliothèque un vieil exemplaire des « Contes du Chat Perché ». Et ses livres, il les aimait tant ses livres.

 

Il fait froid dans cette église. Je ne l'ai jamais aimée mais aujourd'hui, je la trouve plus sinistre que jamais. Celle du village d'à côté, où j'ai été baptisée est tellement plus jolie. Je me serre contre ma mère qui pose sa main autour de mes épaules. Mon père est au premier rang, apanage du fils aîné sans doute. Il est debout, droit, fier. Je ne l'ai pas encore vu pleurer. Les jointures de ses doigts sont blanches à force de serrer les poings. De rage? De tristesse? De douleur? Il ne dira rien. Il n'a pas été élevé comme ça. Il est beau dans son costume gris qui fait ressortir ses yeux bleus, son manteau noir. De tous ses frères, c'est le plus beau. Je voudrais aller poser ma tête sur son épaule, lui dire que je l'aime, que je suis là. J'essuie d'un revers de main les larmes qui roulent sur mes joues. Maman me tend un mouchoir, je lui prends la main, elle la serre très fort.

 

Nous voici au cimetière, dans la boue et la neige fondue. Le cercueil reçoit une dernière bénédiction. Ha! Il a l'air fin le curé qui assène des paroles de consolation qui ne consoleront jamais personne... « C'est inutile, la tristesse durera toujours »...

Et puis, une motte de terre s'affale sur le cercueil...... C'est finii

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12 novembre 2008

où je me pose des questions...

D'après la moitié de mes amies célibataires, les hommes sont tous des salauds! Selon l'autre moitié, l'homme idéal existe, il suffit juste de le trouver et de le chouchouter! Définition du terme "chouchouter": faire la popotte, lui répéter éternellement qu'il est le plus grand, le plus beau, le plus intelligent, le coup du siècle (certaines fois, on demande aux femmes un minimum d'imagination!), être là quand il faut (coup de cafard du grand homme, moments de doute "je suis nuuuuuuuuuuuul" bouhou!!!!!!personne ne m'aiiiiimmmmmeeeeeeeee"). Même quand on a dépassé le rôle de la maîtresse pour garder celui de bonne amie, il faut une bonne dose d'empathie, de gentillesse et de zénitude (on dirait du Ségolène!) pour supporter la dépression latente du grand.... couillon! Nos mères ont-elles brûlé leurs soutiens-gorges dans les années 70 pour ça? "On veut être inépendantes", "nos corps nous appartiennent"... Tu parles, les trois quarts des filles que je connais sont à genoux devant leurs bonshommes qui de temps à autres daignent les honorer d'une parole gentille ("merci" à un cadeau, c'est énorme déjà!), j'en connais même qui à 33 ans attendent encore le cadeau d'anniversaire de leurs 30 ans (oups! mauvais exemple, ça c'est moi, c'est le cadeau de mon père qui me manque et j'ai reçu un mot d'un certain Dieu qui m'a expliqué que papa était dans l'impossibilité technique de me donner mon cadeau...... mouais!)...
Je crois très sincèrement à l'amitié entre hommes et femmes. Les hommes de ma vie ont toujours été mes amis avant qu'il ne se passe quoique ce soit entre nous. Apprendre à découvrir l'autre, rire des mêmes choses, toutes ces bêtises qu'on lit dans Cosmo sont toujours d'actualité! Rien me fait plus plaisir que d'entendre mon Amoureux me dire "tu sais ce que j'en pense" et son oeil qui cligne au bon moment parce qu'il sait que j'ai compris ce qu'il voulait dire! Apprivoiser l'autre, se sentir comme le renard de St Ex, apprendre la personne d'en face par coeur, jusqu'à savoir le moindre de ses désirs, la moindre de ses attentes! L'Homme que j'aime est mon meilleur ami, il connaît tout de moi et je ne peux rien lui cacher! Si je ne devais garder qu'un seul ami, ce serait lui et comme je sais qu'l lira ces lignes j'en profite pour le remercier, sa présence comble ma vie, mon bonheur lui ressemble et il est le seul qui me sache.... du bout des doigts bien entendu!
On m'a blessée profondément aujourd'hui, je suis passée pour une conne et franchement c'est le rôle que je déteste le plus! Ce n'est rien d'autre qu'une blessure d'orgueil et de fierté mais avant que je ne redonne mon amitié à un mec il va en passer de l'eau sous le pont de Chatou!!!!!!!
Conclusion: certains hommes sont des enfoirés, d'autres non! C'est pas de la théorie de la relativité, ça?!

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10 novembre 2008

grandes décisions 2!

J'ai jeté la balance maudite! Ce matin, je pose mon pied délicat sur "la chose" et là.... entre la météo et la pub Carglass sur Europe 1 ("Carglass répare, Carglass remplace" la pub insupportable!), le poids s'affiche...... Aaaaaaaargh! Re-vérification des piles, elles marchent très bien! Je pose le second pied, la balance grince, souffre, hurle sa douleur. Je m'attends presque à voir les ressorts et les boulons sortir de la machine dans un cri d'agonie. XX kg (franchement vous n'avez pas cru que j'allais mettre mon poids en ligne?!). J'attaque donc un régime draconien (pommes-yaourt! dit régime des pauvres filles!). Mais ces bonnes résolutions ont craqué devant un délicieux déjeuner au Concorde-Lafayette. Revenant de ce moment divin de gastronomie (entre autres!), je pense avoir trouvé LA solution: adieu les kilos en trop car... adieu la balance!! Je l'ai remisée au fond d'un placard et avant qu'elle n'en sorte, il va en couler de la cellulite dans les canules des lipposuceurs!
Cette bonne action (pour mon moral!) faite, j'ai dégusté avec bonheur un poisson froid et plein de mayonnaise! Un délice à dévorer sans peur de 'la chose"!
Légère ce matin (avant l'épreuve infâme de "la Chose!), j'ai commencé à faire une liste de ce qui manquait à ma vie:
-Le numéro personnel de Georges Clooney! Le croiser devant une tasse de café mais parler avec lui. Ne pas faire comme l'andouille de la pub qui lui demande de se pousser pour se faire un expresso! 
-l'intégrale de "Sex and the city" et de "Friends" en dvd (Noël arrive, à bon entendeur...)
-Une machine à faire du pain (je connais quelqu'un dont le pain fait maison est à tomber par terre!)
-Une explication, rationnelle et compréhensible de la théorie d'Einstein
-Tous les livres de Sagan dans leur édition originale
-Le requiem de Mozart dirigé par Karajan et joué par le Philharmonique de Berlin
-Un hôtel particulier dans le Marais
-Une centaine de milllions de dollars
et.........
la réponse à la question essentielle; pourquoi?

Pourquoi suis-je blonde aux yeux bleux?
Pourquoi mon Père est-il parti à 61 ans?
Pourquoi me manque-t-il autant?
Pourquoi la mode m'indiffère-t-elle tant?

La dernière question n'est pas fascinante je l'accorde. Par contre les autres sont pour moi un mystère encore insondé.
Papa est né en 1945 d'un père préfet et d'une mère....... mère! Mon grand-père était un homme fabuleux, le grand-père dont rêvent toutes les petites filles. Drôle, attachant, avec une petite moustache. Il chassait, passait des heures à faire la planche sur l'étang familial en fumant la pipe et lisait de merveilleux livres. Il m'en a communiqué la passion! Quand les filles de mon âge dévoraient "Oui-Oui à la plage", je me prenais pour D'Artagnan ou le Comte de Monte-Cristo! En lisant Collins et Lapierre, j'ai vécu à Calcutta et libéré Paris des nazis, avec Chateaubriand, j'ai aimé puis haï Napoléon, Victor Hugo m'a fait pleurer quand "à l'heure où blanchit la campagne", il allait sur la tombe de sa fille. Je déteste Balzac et Stendhal m'a toujours ennuyée. J'aime la Bretagne et ses tempêtes, la Champagne et ses bouteilles (héhé!), le Concorde-Lafayette et le Chardonnay. Je hais le soleil et la chaleur, voue une passion sans bornes à la pluiie et au vent et suis convaincue que l'homme idéal existe, je l'ai rencontré, mais...........

Posté par charlie1975 à 22:35 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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