Vaste sujet... Pour Sartre, c'est juste "l'enfer", Rimbaud lui pense que "je est un autre"... Mais les autres, ceux je côtoie tous les jours, autour de moi, sur facebook, sur mon portable par sms, mes amis, mes soignants, ma famille, les autres patients. Ces autres là qui font mon qotidien, j'en fais quoi?

Alors, y a les "hors-compétition", ils se comptent sur les doigts d'une main, se reconnaîtront. Limite c'est de la triche comme on dit dans une cour d'école. C'est à croire qu'ils sont une excroissance de moi! Le mot est un peu mochouille (comme le mec de la relaxation tiens!) mais c'est pourtant ce qu'ils me donnent l'impression d'être. Une prolongation de moi. Ils sont tellement partie intégrante de ma vie que je suis sûre que nous respirons au même rythme. Qu'on se connaisse depuis 27 ans, 13 ou 10 ans (comme ça, ils se reconnaîtront), ils sont mes rocs, moi qui suis encore sur du sable. Ceux-là sont capables de tout pour être présents à un moment pas important juste parce qu'un jour on a raté une table de six chez Chartier ou qu'on sait quand sont les promos chez Lush ou alors que Dilat Larat est vraiment un souffre-douleur! Ceux-là, une journée sans penser à eux est tout simplement impossible! Ils sont la base, ma base, mes forces vives.

Il y a ceux avec qui l'on bosse, on s'amuse, on est sérieux quand il faut. Ceux sur lesquels on sait pouvoir compter. Ce sont beaucoup de mes collègues de l'école. On partage tant de choses finalement en une année scolaire. Je partage leurs coups de mous, leurs joies sur la réussite d'un élève à un examen ou juste un progrès fait alors qu'on n'y croyait plus. J'essaie de faire de mon mieux pour que leurs journées se passent au mieux. Faire en sorte que telle ou telle salle soit disponible pour tel ou tel prof qui préfère (dans le désordre!): ne pas avoir de smartboard, au contraire en avoir besoin d'un mais en première heure pas en seconde, ne pas être au sous-sol parce qu'après il faut remonter au troisième pour le cours suivant et c'est super épuisant, celui qui ne veut pas être à côté de tel confrère parce que c'est le bordel souk dans son cours et que c'est infernal.... Tous ceux-là, je leur dois mon mirobolant salaire mais quand j'arrive à dégoupiller seule (c'est important!) une situation difficile, je suis la plus heureuse du monde.

Il y a les autres de la famille. Voilà. C'est tout.

Et puis il y a ceux qui se font tout petits dans une vie pendant des années et qui subitement ressurgissent tel un "Jack in the box". Un rayon de soleil qui illumine de quelques mots des journées mornes et sans espoir. Les journées dans la jolie maison de tarés clinique psy qui s'en trouvent tout d'un coup transformés. Des autres qui reviennent d'un passé tellement lointain qu'on l'avait oublié.Oublié qu'on avait porté les mêmes robes à smocks, fréquenté les mêmes écoles avec les mêmes révérences aux religieuses. Ces autres qui font se rappeler des souvenirs doux. Ceux qu'on imaginait sans problèmes dans leur vie et qui dissimulent des blessures et qui par un ou deux échanges de message font du bien. Ceux qui font que le hamster s'éloigne un peu plus de sa roue.