A cette interjection, je stoppe mon élan. Ma tenue du samedi (jogging sans formes et vieux pull trop large) n'étant pas particulièremen,t attirante, je me doute qu'il doit s'agir d'autre chose. Je sors du supermarché avec un pot de délicieuse confiture à la ma,gue (découverte de mon beau-frère! Une tuerie -la confiture, pas le beau-frère!) et me dirige d'un grand pas vers la sortie de la boutique. Le vigile me demande de sortir mon achat de mon sac et m'en deman,de le ticket de caisse. Je lui rétorque d'un ton relativement peu aimable que je jette systématiquement ledit ticket mon portefeuille craquant sous le poids des autres marchandises précédemment acquises. "Où est le sac en plastique dans lequel vous l'avez mis?". J'ouvre des yeux ronds, quel sac? J'ai acheté un pot de confiture et mon sac à main est largement assez grand pour le contenir. Je réalise tout d'un coup qu'il m'accuse ni plus ni moins d'avoir volé ma confiture de mangue. Tâchant de rester polie, je lui explique que mon âme d'écolo se refuse à polluer la planète d'encombrants sacs qui mettront mille ans à s'autodétruire. En l'observant, hormi le fait qu'il soit noir, je m'aperçois qu'il est plus petit que moi et a une petite voix toute ridicule. Je lui fais donc part de mes habitudes anti-sac, lui signale que ma confiture de mangue m'a coûté la bagatelle de 2.3 euros, que l'automate m'a rendu 7.97 et que si ça ne le dérange pas, je vais rentrer dans mes pénates savourer mon achat. "je veux voir le ticket de caisse". Ma patience relativement émoussée depuis quelques jours a ses limites et je monte d'un ton. "Je vous répète que j'ai jeté le ticket, que je ne prends pas de sac quand le produit rentre dans mon sac à main et que cette histoire commence à devenir ridicule. Je ne peux m'empêcher de sourire ce qui semble avoir le don de l'exaspérer. "Vous ne sortirez pas du magazin sans m'avoir prouvé que vous avez bien acheté ce pot de confiture". Interloquée, je lui demande s'il a une solution puisqu'il semblerait que je sois dans l'incapacité totale de lui prouver que j'ai bien acheté ma confiture. Me prenant d'un geste violent par le bras, il déclare de cette voix de castra "videz votre sac"! Chouette! un psy gratuit à qui déballer mon sac. je déchante rapidement, il a surtoput l'intention de me faire payer deux fois mon pot de confiture voir pire d'appeler la police. Tout petit mais hargneux le bonhomme! je me détache d'un geste sec. Ma voix à moi quand je suis en colère a plutôt tendance à descendre d'un ou deux tons (entre le baryton ou la basse). Par un miracle que je n'ai pas encore expliqué, je suis restée très calme même si mon envie de lui faire une tête au carré est très présente. "Je ne vous permets pas de me toucher et pour avoir accès à mon sac vous devez être assermenté ce que vous n'êtes sans doute pas!". J'avoue quand j'ai prononcé le mot "assermenté" j'ai ri... Je l'avais perdu!Je suis sortie en marchant d'un pas, suivi de Passepartout qui criait "Monsieur l'agent! Venez vite". J'ai stoppé, offert mon plus beau sourire au membre de notre police nnationale lui expliquant d'une voix calme le cas. A son tour, il a ri. Pauvre vigile! L'espace de deux secondes, j'ai eu pitié de lui. Attrapper une non-voleuse de confiture de mangue... la loose totale! J'ai remercié l'agent, pris le chemin de chez moi en me disant que je suis une championne de la non-grivellerie! C'est pas que ça remonte le moral mais après tout, c'est fun!