Depuis ma plus tendre enfance, je suis plutôt désordonnée... Non, il faut être honnête le mot "bordélique" a été créé pour moi en fait! Mon mode de vie habituel c'est Hiroshima après la bombe (tout de suite, ça pose le personnage!). Malgré tout, on peut être désordonnée de façon très organisée. J'ai bien conscience que le concept est quelque peu aléatoire mais c'est pourtant la vérité; je me retrouve très bien dans mon bazar. Adolescente, dès que ma mère rangeait ma chambre (pleine de bonne intentions!) et c'était le drame. Mon bouquin de philo par exemple était sous mon lit en haut à gauche à côté d'une chaussette orpheline, le livre d'histoire trônait fièrement au dessus de la grande bibliothèque de ma chambre, planqué entre un SAS et le fameux "j'élève mon enfant" de Laurence Pernoud. Pas très loin, au niveau "enfer" de la bibliothèque (livres sulfureux interdits aux minettes blondes de seize ans) on trouvait mon livre de maths. Lui, c'est une exception. On me l'a prêté neuf le jour de la rentrée et je l'ai rendu dans le même état le jour de la sortie, n'en ayant pas ouvert une page de l'année (valable pour mes classes de seconde et première, je fais une allergie chronique à cette matière!). Quant à ceux de physique ou de sciences naturelles, je ne suis même pas sûre de les avoir emprunté à l'école en seconde! 

Mon casier en classe était un savant enchevêtrement de copies non rendues (oups! j'ai oublié!), de feuilles volantes sans date, sans titre et à peine une indication sur le sujet. Mon carnet de correspondance croûlait litéralement sous les mots des professeurs dont mes parents n'ont plus vu la couleur le jour où j'ai réussi savamment à imiter leurs signatures! Technique qui m'a évité de nombreuses sanctions immédiates mais mauvais plan le jour des réunions parents-profs. "Comment ça vous n'avez pas vu le 4/20 en allemand? Vous avez signé la copie!" Seule technique à utiliser pour échapper à une réprimande engueulade en règle, tenter de faire croire aux parents qu'Alzheimer les guette et qu'à leur âge c'est super angoissant. Cette technique dite du "je rends ma mère cinglée" n'a duré qu'une fois et ma joue garde encore la cuisante douleur de la défaite (j'y croyais franchement!) et de la magistrale baffe que j'ai reçu! Je suis honnête quand même et aux vues des conneries de ce genre, je m'en suis plutôt bien tirée!

Ma chambre, elle, était un joyeux mélange entre Dresde après les bombardements alliés et Pompei après l'éruption du Vésuve! On y enjambait avec plus ou moins de réussite toutes mes affaires éparpillées sur le sol en prenant garde de ne pas écraser le boule de poil qui me servait de chat et trouvait délicieux les mille et une cachettes que je lui concoctais. En fait, voilà, c'était de la gentillesse pour lui! Bardot devrait me décorer de l'ordre du poil de chat d'or pour avoir tant contribué au bien être de mon animal.

Malheureusement avec l'âge, l'absence de la femme de ménage, ma mère quoi, a eu raison petit à petit de ma tendance au bazar. C'est tout de suite moins rigolo quand il faut faire son lit, ranger ses fringues (propres si possible!) et laver sa vaisselle sans aide extérieure. J'ai beau recalculer ma fiche de paie, je n'ai les moyens de m'offrir une femme de ménage, ne serait-ce que dix minutes tous les six mois. Alors ce matin, après une séance de sport qui m'avait filé une pêche d'enfer (ça aussi c'est un mystère que personne ne s'explique), j'ai pris mon courage et les choses en main: en trois heures de temps, mes 17 m² se sont transformés littéralement. Versailles ne doit pas être plus propre, plus grand certes mais pas plus propre!!! La seule chose qui m'embête un peu c'est que j'y ai pris goût! De la musique entraînante, je passe le balai en chantant style Blanche-Neige chez les sept nains. Je connais le risque que je prends: trouver cela de plus en plus agréable et y prendre goût! Et si je tentais le coup finalement,